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CEDRIC DELSAUX

Formé à la photographie en autodidacte, Cédric Delsaux s’y consacre pleinement à partir de 2002. Inspirée par le cinéma et la littérature, son œuvre convoque, à parts égales, l’extraordinaire et le banal, le fantastique et le quotidien pour rendre visible le pouvoir fictionnel des images et le potentiel fantasmatique de la réalité. À la série « Nous resterons sur terre » (2006-2008), panorama mondial et subjectif des relations entre l’homme et la nature à l’ère post-moderne, répond « Dark Lens » (à partir de 2004), suite photographique de « non-lieux » urbains habités par les héros de la saga Star Wars qui a connu un succès planétaire.

Avec la série « Zone de Repli » (2011-2014), il s’intéresse au cas Jean-Claude Romand, ce père de famille sans emploi qui, après s’être inventé pendant dix-huit ans une vie de médecin et chercheur réputé, assassine toute sa famille en 1993, au moment d’être démasqué. Cédric Delsaux y poursuit sa réflexion sur les relations ambigües mais fertiles entre réel, fiction et photographie. Arpentant les lieux du mensonge pendant trois ans, dans le pays de Gex, à la frontière entre la France et la Suisse, il donne corps au destin inexorable et marginal de l’imposteur. L’alternance de visions floues et de détails très précis rend palpable les interminables errances monotones de l’affabulateur, créant un univers claustrophobe où chacun peut projeter ses propres peurs, sentiments ou explications.

Il conçoit ensuite « Underground Society » (2013-2015) qui poursuit son exploration des angoisses récurrentes de l’Humanité en plongeant les lieux comme les personnages de la série dans une troublante obscurité. Naufragés, abandonnés à leurs sorts, les survivants de l’Underground Society rendent visibles les hantises actuelles faites de devenirs apocalyptiques : ou catastrophes, tragédies et effondrements de toutes sortes se succèdent sans répit. 

 

La série Archéautopies (2016) cherche de son côté à ausculter une époque qui, à bien des égards, semble sur le point de s’éclipser. Cédric Delsaux a photographié des véhicules « oubliés » pendant des dizaines d’années dans des granges ou au bout de chemins de terre, livrées au lent processus de leur destruction, offertes à la poussière et aux moisissures. Manière pour l’auteur de revenir sur une période ou la « bagnole » était devenu l’objet culte et le symbole d’une société qui plaçait au sommet de son idéologie, le mouvement, la vitesse et la technologie. Une époque désormais révolue ou la foi en l’avenir était encore indéniable.  

 

Loin des images rassurantes, ou des consolations illusoires, Cédric Delsaux s’emploie série après série à mettre en lumière la beauté vénéneuse des ténèbres tapie au cœur de notre imaginaire autant que de notre quotidien.

 

La galerie est donc particulièrement heureuse de présenter ces deux dernières séries sous le titre « Dark Celebration ».