Cédric Delsaux – « Nous resterons sur Terre »

Cédric Delsaux – « Nous resterons sur Terre »

Cedric Delsaux


Pendant plus d’un an, here Cédric Delsaux a suivi l’équipe du documentaire

« Nous resterons sur terre » en y apportant son regard de photographe et d’artiste.

137 photos rassemblées en un livre montrent l’impact des êtres humains sur la planète. Ce travail fait l’objet d’une exposition à Acte2galerie permettant ainsi de présenter ses images grands formats à la fois puissantes et poétiques. Les lieux photographiés sont des endroits emblématiques de l’occidentalisation du monde. Sans savoir précisément ce qu’il allait découvrir Cédric Delsaux a voulu dépasser le simple constat de « l’état de la planète ».

Son propos cherche davantage à raconter l’histoire des liens qu’il entretient avec notre monde.

« Je suis à la fois dans l’admiration et la détestation, la fascination et le dégoût. »

Le point de vue n’est pas celui de la planète mais plutôt celui d’un individu qui regarde ce que nous avons fabriqué, détruits ou abandonnés avec la même ardeur. Toute la démarche photographique aura été conçue à hauteur d’homme, de marcheur, afin de regarder ce monde les yeux dans les yeux.

On pourrait dire que ses photos sont post apocalyptiques : ce sont les clichés pris après le passage des humains. Il s’agit de photographier ce que nous avons laissé derrière nous.

Les humains, d’ailleurs, n’apparaissent plus que comme de vagues silhouettes fantomatiques dans un environnement qui les réduits à l’état d’exécutants ou pire de robots.

Pourtant, malgré la dévastation du monde dont nous sommes tous co-responsables, une grande douceur se dégage de ses images. Au centre de sa démarche, il y a la volonté de prendre en compte une contradiction fondamentale : le succès même de notre monde moderne le fait désormais courir à sa perte. Il ne suffit donc plus de dénoncer les uns ou les autres pour sauver sa bonne conscience.

Pour Cédric Delsaux, les visions manichéenne du monde, des gens comme des lieux, de ce qui est « bien ou mal », comme de ce qui est « beau ou laid » est sans pertinence et doit être dépassé. Ces notions s’interpénètrent et se mélangent constamment, il est donc devenu impossible de les séparer. C’est pourquoi ses photographies montrent une beauté singulière au cœur même de la laideur. « Il nous faut à présent apprendre à vivre avec tout cela sans violence et sans hypocrisie : avec de la douceur. »

« Je suis un peu comme quelqu’un qui reviendrait photographier le monde après sa disparition, empli d’une tendresse désespérée pour ce qui a disparu. »

Dans ce travail, Cédric Delsaux choisit une autre voie que l’illustration de l’horreur. Il n’est ni dans l’apologie, ni dans la dénonciation . Il va chercher la matière première dans le réel pour la revisiter à sa façon et nous proposer sa mythologie personnelle des espaces post-modernes.

« Je pense d’ailleurs que le réel n’existe pas en tant que tel, il n’existe qu’à travers la perception que nous en avons. Du coup, s’en réclamer ou même le revendiquer ne peut-être à mon avis qu’un contresens ».